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mercredi 10 mai 2017

Heurs et malheurs du directeur de l’Opéra de Lyon

Serge Dorny, directeur général de l'Opéra national de Lyon. Photo : DR

Dirigé depuis 2003 par le Belge Serge Dorny, qui fit ses classes Théâtre de la Monnaie de Bruxelles comme dramaturge de Gérard Mortier, l’Opéra de Lyon a retrouvé sa dimension internationale acquise grâce au travail remarquable réalisé par Jean-Pierre Brossmann de 1981 à 1998. Comme toutes les « grandes boutiques », comme qualifiait Giuseppe Verdi l’Opéra de Paris, son histoire n’est pas exempte de hauts et de bas, de gloire et de scandales plus ou moins avérés.

Ainsi, côté gloire, l’Opéra national de Lyon vient d’être désigné « Meilleure Maison d’Opéra de l’Année 2017 » (Best Opera Company 2017), titre qui lui a été attribué lors de la cérémonie internationale Opera Awards au Coliseum de Londres dimanche 7 mai. Dans son intervention, précise le communiqué de presse de l’Opéra de Lyon, Serge Dorny a fait part de son émotion de voir le travail du théâtre lyonnais « salué au-delà des frontières dans le cadre d’une Europe vivante, rayonnante, unie dans sa diversité, l’Europe de l’esprit et de la culture ».

Au même moment, le même Serge Dorny est dans la tourmente. Un site internet d’information né à Lille, Mediacités, lance en effet à son encontre pour son partenaire Mediapart une véritable charge sur son train de vie pour célébrer son implantation à Lyon avec un premier article consacré à la deuxième scène lyrique de France.  Les journalistes de ce site d’investigation locale épingle le train de vie de diva du directeur de l’Opéra de Lyon (voir https://www.mediacites.fr/lyon/2017/05/08/la-vie-de-diva-du-directeur-de-lopera), hôtels de luxe, grands restaurants et week-ends sans justification professionnelle...

Tout en plaidant pour une économie responsable devant les élus locaux, Serge Dorny dépenserait selon Mediacités entre 8.000 et 8.500 euros par mois  en notes de frais… 644 euros pour un dîner avec son directeur musical Kazushi  Ono et son épouse, cinq nuits à 2145 euros dans un Relais et châteaux situé à une heure de route d’Aix-en-Provence au moment du festival, des nuits à 400 euros dans de grands hôtels. Certes, derrière ces frais liés à sa fonction de directeur, les journalistes relèvent parmi 3.500 copies de factures établies entre 2013 et 2015, dépenses jugées « surprenantes, voire totalement injustifiées » par Mediacités, comme un voyage de Lyon à Francfort-sur-le-Main via Donetsk, Moscou, Kiev et Minsk pour la modique somme de 4.000 euros comme justification d’un rendez-vous avec le directeur de l’Opéra de Francfort. Une collaboratrice de Serge Dorny qui n’aurait pas souhaité dévoiler son nom, constate que le directeur « confond l’argent public de l’Opéra avec ses dépenses privées ».

L’Opéra de Lyon n’a pas encore donné suite à ce jour à ces allégations. Mais rappelons qu’en mars 2014, Serge Dorny avait fait l’objet d’une pétition de salariés de l’Opéra de Lyon qui s’opposaient à son maintien à la tête de l’institution.


B. S.

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